Une femme sur huit développerait un cancer du sein au cours de sa vie. La firme américaine First Warning Systems propose aujourd'hui un nouveau moyen de dépistage du cancer. Pas de tests cliniques à n'en plus finir, il suffirait de porter le sous-vêtement
Chaque année elles seraient plus d'un million à contracter un cancer du sein, et 400 000 qui ne s'en sortiraient pas vivantes. L'enjeu réside donc dans le dépistage : plus il est détecté en avance, meilleures seront les chances d'efficacité du traitement.C'est pourquoi le nombre de campagne de prévention se multiplie, le dernier en date en octobre avec l'opération Ruban Rose. La mammographie c'est une chose, encore faudrait-il qu'elle devienne un automatisme pour toutes les femmes, mêmes pour celles de moins de 50 ans. Un soutien-gorge "high tech" ferait-il l'affaire ? C'est ce qu'a présenté la société américaine First Warning Systems basé sur les recherches du professeur anglais Elias Siores publiées en 2007. En effet, celle-ci repose sur la détection du changement de température mammaire, signe avant-coureur d'un cancer du sein.
Le "Smart Bra"En apparence, ce soutien-gorge, loin d'être sexy, ressemble traits pour traits à une brassière de sport, la technologie en plus. Des capteurs sont intégrés à l'intérieur du tissu et détectent alors une quelconque variation de température du sein. En effet, lorsqu'une tumeur se développe, de nombreux vaisseaux sanguins se forment autour afin de l'alimenter, d'où un changement de température qui s'opère. Ce n'est pas tout, les données alors enregistrées dans un ordinateur par un réseau wifi seront analysées et permettront de dire si oui ou non cette personne devrait avoir recours à un spécialiste. Selon le site de la société, cette incroyable invention s'appuie aussi sur trois essais cliniques concluants sur 650 participantes; un autre est prévu pour la fin de l'année. Des résultats surprenants : en plus d'aucun effet secondaire ni aucune irradiation émanant de mammographies, le soutien-gorge serait capable de détecter des cellules cancéreuses jusqu'à six ans plus tôt que les mammographies, avec une fiabilité de 90%.
Des réserves quant à son efficacitéDe nombreux médecins restent sceptiques sur le produit critiquant le fait qu'aucune étude n'a jamais prouvé que les variations de températures du sein entraient réellement dans les critères du diagnostic précoce du cancer du sein. C'est ce que met en évidence Lydia MARIE-Scemama, gynécologue obstétricienne : "La technique utilisée par la firme s'appelle la thermographie, connue depuis des années. À la mode il y a vingt ans, elle est devenue désuète car aucune étude n’a jamais démontré son efficacité". Par ailleurs, on peut douter que malgré la fiabilité du soutien-gorge, des tumeurs profondes loin de la peau et donc aussi des capteurs pourraient ne pas être détectés à temps. Un "Smart Bra" High Tech qui devrait sortir en Europe courant 2013, un petit bijou qui somme toute se fixera à 770 euros.





















