Agnès Marin : Le buzz va-t-il trop loin ?

Ecrit par

L'assassinat d'Agnès Marin à Chambon-sur-Lignon a soulevé l'émotion puis l'indignation et même la colère. Mais au-delà de ce drame terrible, le buzz a pris une autre dimension depuis ce week-end. Décryptage d'un fait divers devenu un sujet de société.

C'est un fait divers qui monopolise les rédactions des radios, les écrans de télé et la une des journaux depuis la fin de la semaine dernière. Il s'agit de la mort d'Agnès Marin, 13 ans, au Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire (Auvergne), tuée puis brûlée par un lycéen de 17 ans . L'émotion explique bien sûr ce buzz surtout que ce crime est particulièrement violent. Imaginer qu'une jeune fille de 13 ans puisse mourir si brutalement et de cette manière nous interpelle. Les amis d'Agnès Marin lui ont même rendu hommage dans une chanson . Des groupes de soutien sur Facebook ont été créés. Mais à la différence d'autres meurtres tout aussi atroces et qui hélàs arrivent régulièrement, la couverture médiatique et la récupération politique ont été très importantes.

Agnès Marin : Le buzz va-t-il trop loin ?
Les médias débordés par le débat sur la récidive

La disparition puis la découverte du corps d'Agnès ont bénéficié de la couverture médiatique habituelle pour ce genre de fait divers. Cela est donc tout à fait normal. Mais depuis que l'on a appris dans la journée de samedi que son bourreau était un mineur récidiviste (il avait été condamné pour une affaire de viol dans le département du Gard), le buzz a pris une autre forme. Il dépasse le cadre médiatique et celui de l'information pour devenir quasiment une "affaire d'état". Dés lors, les medias deviennent les courroies de transmission du débat sur la récidive . Dans les radios et à la télé, la direction du collège où était scolarisée Agnès Marin, les spécialistes de la psychiatrie mais aussi le procureur se sont succédés pour se défendre des accusations qui leur sont portés selon lesquelles ils sont responsables de la remise en liberté du meurtrier d'Agnès l'année dernière. Simultanément, la classe politique s'est à son tour emparée du dossier . Dés dimanche matin, Marine Le Pen, qui fait déjà parler d'elle pour son affiche polémique Choisis ta France , a déclaré qu'il fallait rétablir la peine de mort pour les assassins d'enfants. Hier, le gouvernement a organisé une réunion interministérielle pour prendre de nouvelles mesures en matière de justice des mineurs. Quant au Parti Socialiste, il a accusé dés hier matin le gouvernement de chercher à récupérer politiquement ce crime. Il est vrai que les élections approchent...