Anne Roumanoff : "Beaucoup de gens ont pompé Norman et Cyprien avec leurs vidéos YouTube" (EXCLU)

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À l'occasion de son nouveau spectacle "Aimons-nous les uns les autres" joué à l'Alhambra, la rédaction de meltyBuzz a rencontré Anne Roumanoff, laquelle a répondu à nos questions.

À partir de jeudi 30 juillet à 21h, Anne Roumanoff se produira à l'Alhambra jusqu'au 16 janvier 2016 pour son nouveau spectacle intitulé "Aimons-nous les uns les autres". Récemment, l'humoriste participait à la 10ème édition du Festival YouHumour avec Ahmed Sylla, Shirley Souagnon, Waly Dia, Elie Semoun et bien d'autres ! Aujourd'hui, après son spectacle diffusé en direct dans plus de 150 cinémas, nous avons rencontré Anne Roumanoff pour en savoir un peu plus sur son spectacle à l'Alhambra, mais aussi sur ses projets futurs. Ce dernier traite de sujets de société divers : du mariage gay à l'éducation des enfants, en passant par la politique française ou encore les médias. L'humoriste arrive à capter l'attention du public et à faire rire ses fans sur des thèmes habituellement simples et quotidiens. Découvrez l'interview en intégralité !

meltyBuzz : Comment avez-vous vécu la première d’ "Aimons-nous les uns les autres" diffusée en direct dans 159 cinémas en France ?

Anne Roumanoff : C’était un petit peu le stress parce que je faisais la création du spectacle à l’Olympia, diffusé au cinéma, j’avais jamais fait ça, je ne savais pas s’il y allait avoir du monde… L’Olympia était plein mais je ne savais pas pour les cinémas. Au final, on a eu un très bon feedback, les gens étaient très contents. Il y a eu 35 000 personnes qui l’ont regardé. Il y a même des gens qui m’ont vue au cinéma et qui sont revenus me voir sur scène. Donc c’était vraiment une expérience positive ! Il y avait seulement les 5 premières minutes à l’Olympia où je pensais un peu trop aux caméras, à les regarder… Je me suis dit : "Non ! Fais ton spectacle, normal, et n'y penses pas".

mB : Quelle relation entretenez-vous avec vos fans ?

AR : Une bonne relation ! J’essaye de tout le temps leur répondre sur Facebook, je poste des trucs… Après je ne peux pas le faire à tout le monde, malheureusement. Quand je suis dans la rue, bien évidemment, je signe des autographes, je fais des selfies qu’on me demande. Souvent, des associations me demandent de venir, pour des évènements, etc. mais c’est difficile. J’essaye malgré tout de faire ce que je peux pour ravir mes fans !

mB : "Aimons-nous les uns les autres", serait-il votre adage préféré ?

AR : Non… parce que je n’arrive pas à le mettre en pratique (rires). Pour tout dire, un jour, je termine mon spectacle sur cette phrase, je suis sortie de scène et j’ai crié sur mon régisseur : "Pourquoi t’as pas éteins la lumière ?"… Et là je me suis dis : "Ah ouais, c’est quand même incroyable que ton dernier spectacle soit baptisé AIMONS-NOUS LES UNS LES AUTRES" (rires).

mB : Vous êtes très tolérante, puisque vous parlez de différents sujets de société "sensibles", de manière ironique et décalée. Y a-t-il quelque chose qui vous énerve par dessus tout ?

AR : J’ai beaucoup de mal avec les gens qui mentent, qui ne tiennent pas leurs engagements, leurs principes. Mais bon… ça peut m’arriver aussi (rires) !

mB : À votre avis, d’où provient ce pessimisme français ? L’amour est-il devenu tabou ?

AR : Non, je ne pense pas… On est un peuple très intelligent, très critique, parfois un peu trop critique. C’est un peu les séquelles de l’esprit du 18ème siècle. Mais pour moi, les Français sont – en général – des gens assez fins. Après il faut reconnaître qu’on a la chance de vivre en France, c’est un très beau pays !

mB : Selon vous, peut-on rire de tout ?

AR : On peut rire de tout, oui… Mais pas n’importe comment ! Dans la vie, on rit tous de tout, ce qui est normal. On a tous eu des fous-rires lors de situations inappropriées. Et c’est ça qui est beau normalement, le rire survient de manière inattendu, c’est une émotion très forte. Et selon moi, dans l’absolu, on peut et on doit rire de tout !

mB : Quel personnage / Quel sketch de votre spectacle avez-vous le plus apprécié de jouer ? Pourquoi ?

AR : J’aime beaucoup celui du bistrot parce que j’improvise sur l’actualité politique. Ça change des sketchs que l’on rejoue sans cesse même si je prends énormément de plaisir. Mais j’arrive à partir en impro, à parler de façon beaucoup plus "libérée" et surtout… à faire rire ! C’est chouette puis ça donne une partie, qui change un petit peu de d’habitude. Et le sketch où je m’éclate beaucoup, c’est quand je fais monter deux spectateurs sur scène pour rejouer une émission de télé. On fait "Confessions Intimes" et certaines personnes sont VRAIMENT drôles ! Parfois non, mais souvent ils ont des répliques surprenantes qui font rire la salle, et c’est très amusant. C’est un moment du spectacle que j’attends avec impatience car il y a toujours des surprises !

mB : Vous faites partie des humoristes préférés des Français, quels conseils donneriez-vous aux humoristes en herbe qui veulent prendre le même chemin que vous ?

AR : Je leur dirai de s’accrocher, de travailler dur, d’être original, de ne pas chercher à trop copier les autres et de trouver leur propre style. Il faut avoir quelque chose à dire également ! On voit beaucoup de gens qui se lancent dans l’humour uniquement parce qu’ils pensent devenir riches, célèbres… et malheureusement, ça ne fonctionne pas souvent. Je pense qu’il est important, voire primordial, d’avoir un point de vue à défendre et quelque chose à dire !

mB : Vous avez participé, il y a deux mois, à la 10ème édition du Festival YouHumour. Parmi les jeunes humoristes, avez-vous des chouchous ?

AR : J’aime tout le monde, mais le soir où j’y étais, il y avait Waly Dia que je trouve vraiment très talentueux. Zidani qui est très marrante, et j’aime beaucoup Antonia de Rendinger. J’aime énormément de personnes côté humour (rires) !

mB : Que pensez-vous de la génération d’humoristes-youtubers (Norman, Cyprien…) ?

AR : Je trouve ça intéressant puisque ça va drainer vers le spectacle vivant de toute une nouvelle génération. C’est très courageux de la part de Norman, par exemple, puisqu’au départ il était dans beaucoup de scènes ouvertes. Mais je trouve ça vraiment bien. Ce n’est pas facile d’aborder un nouveau domaine ! D’ailleurs, je le félicite car c’est couronné de succès et je crois savoir que ses salles sont pleines ! À l’inverse, ce que je trouve dommage, c’est que beaucoup de gens ont « pompé » Norman et Cyprien avec leurs vidéos YouTube…

mB : Vous êtes à l’Alhambra à partir du 30 juillet et jusqu’au 16 janvier 2016, où puisez-vous votre énergie ?

AR : Quand je suis en spectacle à Paris, j’essaye de bien prendre le temps… de bien dormir le matin, je fais un peu de sport, j’essaye d’avoir une bonne hygiène de vie, de ne pas grossir… On se doit d’être en forme chaque soir pour son public.