Hamac Festival

Comte de Bouderbala : "Rire pour faire mal, ce n'est pas nécessairement mon crédo" (EXCLU)

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A l'occasion du Hamac Festival, la rédaction de meltyBuzz a rencontré le Comte de Bouderbala, lequel a répondu à nos questions. Interview.

Vendredi soir, Mike Ward and friends enflammaient le République dans le cadre du Hamac Festival. Parmi ces amis de scène, on retrouvait Sebastian Marx, Jérémie Demay, mais aussi le Comte de Bouderbala. Ancien basketteur pro, ce dernier est passé par le slam (grâce au soutien de son ami Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade), avant de s'attarder sur le stand-up. En 2006, il part à New-York pour faire le tour des comedy clubs de la ville, avant de revenir en France en 2010. De son vrai nom Sami Ameziane, l'humoriste - qui se dit venant d'une famille "d'aristo-crasseux" – se moque de tout et de tout le monde, et surtout de lui-même. Entre cynisme et dérision, il nous offre une vision provocatrice, mais toujours avec tendresse. Il a accepté de nous rencontrer afin de répondre à nos questions.

meltyBuzz : Pourquoi participer au Hamac Festival ?

Le Comte de Bouderbala : C'est une bonne initiative. C'est toujours intéressant. Et puis on connait Benjamin (ndlr : Benjamin Demay, organisateur du Festival), on l'aime bien donc si on peut filer un coup de main, c'est avec plaisir ! En plus, c'était l'occasion de revoir quelques camarades de rigolade, et puis jouer en anglais, c'est cool ! Ça fait un moment que je n'avais pas joué en anglais, donc c'est l'occasion.

mB : Tu as joué vendredi soir avec Mike Ward, Sebastian Marx et Jérémie Demay, était-ce une première rencontre ?

CB : Mike Ward, je le connais de Montréal. Je l'avais rencontré au Festival Juste Pour Rire et je l'ai vu vite fait en anglais et en français. Avec Sebastian Marx, on se connait de Paris. C'est un petit milieu. Dans le milieu des comiques, tout le monde connait tout le monde.

mB : Y'a-t-il un humoriste que tu ne connais pas plus que ça avec qui tu aimerais jouer ?

CB : Je n'ai pas vraiment réfléchi à ça mais après, c'est au feeling. C'est souvent en déconnant, on se dit 'bah tiens, on va faire un truc ensemble'. C'est vrai que c'est un métier assez soliste.

mB : Tu étais basketteur pendant 8 ans, pourquoi te tourner vers l'humour ?

CB : C'est vraiment le hasard. Je me suis fait une blessure à l'époque et donc je me suis dit qu'il fallait que je prépare l'après-basket. Puis voilà, une petite opportunité de monter sur scène est tombée, puis on avait des choses à raconter, on s'est dit 'bah tiens, ça nous plait, c'est intéressant, ça fait rire les gens, on peut bouger, on peut dire des choses'…

mB : Est-ce que tu avais déjà pensé à devenir humoriste en étant petit ?

CB : Non, j'ai toujours été hyper timide donc c'était compliqué pour moi de parler aux gens en public. J'étais terrorisé pendant des expos que j'avais à l'école. J'étais un peu fasciné par les gens qui parlaient sur scène. Au fur à mesure des apprentissages, j'ai enseigné un peu à droite et à gauche et par le biais du slam, par le biais des études aux Etats-Unis, ça m'a permis de désinhiber, d'affronter les regards et d'essayer de dire des choses sans avoir peur.

mB : Pourquoi te donner comme nom de scène le Comte de Bouderbala ?

CB : C'était une connerie. Je suis venu sur scène par le biais du slam et quand t'arrivais sur la scène slam, les mecs avaient tous des pseudos un peu bizarres. Je me suis dit 'bah tiens, pas plus con que les autres, on va prendre un pseudo ridicule. En gros, bouderbala en arabe, ça représente les haillons, les guenilles, et le comte parce que venant de la ville de Saint-Denis, en banlieue, c'est un petit peu la cité des rois !

mB : Où trouves-tu l'inspiration pour tes sketchs ?

CB : C'est un regard, c'est un peu aussi l'expérience. J'aime bien parler des choses que je connais, de l'école, le fait d'avoir enseigné, d'avoir vécu aux États-Unis, de comparer un peu les deux systèmes et puis les choses qui se passent en France. C'est un petit peu d'actualité mais un peu intemporel. Il y a beaucoup de sujets divers et variés.

mB : Tu compares beaucoup le système américain et le système français, y a-t-il un message que tu souhaites faire passer ?

CB : Y'a pas vraiment de message, c'est plus pour déconner avec les gens. Mais, en gros, je dis que, voilà, on s'américanise énormément. Toutes les conneries que les Américains font, on les fait avec 20 ou 30 ans de retard alors que voilà, on a une culture intéressante, on n'a pas à copier sur ce que font les autres, en pire, parce que souvent c'est ce qui arrive. En gros, je dis qu'il n'y a pas de système idéal, le système américain, ce n'est pas un système idéal, le système français c'est intéressant, ce n'est pas idéal non plus mais soyons fiers de ce qu'on est.

mB : En quoi est-ce différent pour un humoriste, de jouer à New-York plutôt qu'à Paris ?

CB : Déjà la langue. Quand tu joues en anglais pour des Américains, forcément ils sont intéressés par l'accent mais aussi par ce que tu vas raconter. Ils te donnent ta chance, t'as du temps de scène, du temps de jeu, et puis tu peux aller d'un squat à un autre. C'est une nouvelle expérience, c'était intéressant de jouer là-bas parce que c'était un peu mon école.

mB : Le retour en France n'a pas été trop difficile ?

CB : Non, parce que l'un nourrit l'autre. Quand tu travailles en anglais aux Etats-Unis, ça t'aide à la créativité, à l'écriture, pi ça t'aide à affronter le public dans une autre langue, donc forcément après, en français, c'est beaucoup plus facile parce que t'as les réflexes beaucoup plus rapidement.

mB : Tu retravailles constamment tes sketchs. Quels sont les critères qui te font changer ou améliorer un sketch ?

CB : C'est en fonction de la réaction du public, comment ils réagissent. Si ça rigole, ça passe, on garde, si ça ne rigole pas, on retravaille.

mB : Est-ce que tu as déjà reçu des critiques négatives ?

CB : Les critiques négatives, tu les vois direct, c'est quand ça ne rigole pas. C'est l'avantage de ce métier, la récompense est instantanée. Tu fais rire les gens, ça se voit, tu ne les fais pas rire, ça se voit.

mB : Tu aimes bien provoquer et dire ce que tu n'aimes pas (la télé-réalité, certains rappeurs, etc.). Est-ce que c'est ta marque de fabrique ?

CB : Non, je traite de ces sujets-là dans mes sketchs mais je ne suis ni un moralisateur, ni quoi que ce soit, je m'en bats un peu les couilles pour être vulgaire (rires).

mB : En quoi est-ce important de réagir à l'actualité ?

CB : C'est intéressant quand c'est un phénomène qui reste. Quand c'est juste un phénomène éphémère, ça peut être intéressant, après ça dépend de comment on le traite. Si vraiment, on a un bon sketch, ouais c'est marrant. Faut que ça reste dans le temps. L'objectif pour les comiques, c'est de passer à la postérité, quand les sketchs repassent dans 20-30 ans et qu'ils sont encore d'actus, tu te dis, 'ouais, j'ai touché un truc à l'époque'.

mB : Quels humoristes d'il y a 20-30 ans t'ont justement marqué ?

CM : Y'en a beaucoup, parce que l'humour français est hyper riche. C'est la pléthore de comiques qui ont marqué l'histoire : Francis Blanche, Fernand Raynaud, Coluche, Dupontel. Et même tous les francophones : Fellag, Desproges. T'en as tellement ! Ce qui est intéressant ici aussi au République, c'est que c'est l'ancien caveau de la République et c'est ici que beaucoup de mecs sont passés, c'est intéressant de continuer dans cette tradition-là.

mB : D'où le choix de la rénovation du théâtre…

CB : C'était intéressant parce qu'il fallait aller dans une continuité. L'image d'ici c'était que c'était un peu vieillot et c'est vrai que c'était un peu compliqué parce que, sur la déco et compagnie, c'était un peu à l'ancienne et y'avait un peu l'image des chansonniers mais je me suis dit 'bah tiens, pourquoi pas essayer de faire un truc qui soit dans la continuité ?' parce que, en gros c'est juste un problème de programmation. Quand t'as une salle, que t'as envie de voir quelqu'un sur scène qui soit dans un café rebeu à Barbès ou dans une grange dans la Meurthe, t'y vas.

mB : Est-ce qu'il y a des limites à s'imposer quand on est humoriste ?

CB : Je ne pense pas, après ça dépend de comment c'est traité et si c'est drôle. Le dilemme, ces temps-ci, c'est tout ce qui se rapporte au sacré. Mais le sacré pour les uns et les autres, ce n'est jamais la même chose. Il faut juguler selon les cultures, les backgrounds des gens du public. Plus on arrive à toucher tout le monde, plus c'est fort. Après, rire pour faire mal, ce n'est pas nécessairement mon crédo mais j'aime bien rire avec les gens. Quand j'écris des choses, je me dis 'est-ce que je pourrais sortir cette vanne face à la personne dont je parle ?', c'est un peu les critères.

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