David Haines, Hervé Gourdel : #NotInMyName, les réseaux sociaux s'emparent de la campagne

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Après la mort de deux ressortissants européens, les réseaux sociaux se sont ligués contre l'Etat Islamique via le hashtag #NotInMyName. Néanmoins, entre amalgame et bon sentiment, ce phénomène 2.0 a perdu de sa portée. Retour sur l'histoire de cette campagne de sensibilisation déclenchée sur Twitter.

Adeptes de Twitter, ou simplement au fait de l'actualité, vous n'aurez pas pu passer à côté de cette campagne qui se répand à vitesse grand V sur la Toile. #NotInMyName, un hashtag en anglais signifiant "Pas en mon nom", choisi pour faire comprendre au monde entier que la religion musulmane est à l'opposé de celle dépeinte par les groupes terroristes, revendiquant leurs actes sanglants au nom de cette religion. Cette dissociation prend source dans la Fondation Active Change. Cette association britannique de jeunes musulmans a pour but de lutter pour la charité et prévient face à l'extrémisme violent sous toutes ses formes. Elle est également à l'origine du premier tweet #NotInMyName, et ainsi de la campagne Twitter de jeunes musulmans contre l'Etat Islamique. Lancée après la décapitation d'un otage anglais, David Haines, par ce groupe terroriste, ces jeunes pratiquants de l'Islam ont jugé nécessaire de se désolidariser de cette vision erronée qu'ont les extrémistes de leur religion. Un phénomène qui a pris d'assaut la France.

La France s'empare du hashtag

Ainsi, séduits par cette campagne 2.0, les musulmans français ont décidé, à leur tour, de s'emparer du hashtag #NotInMyName, pour faire part de leur indignation. Une appropriation française due à l'annonce de la mort, également par décapitation, de Hervé Gourdel, un ressortissant français. Et ce, des mains d'extrémistes se revendiquant de l'Etat Islamique. Ce niçois de 55 ans, guide de haute montagne, avait été enlevé en Kabylie le 21 septembre dernier. Choqués, les français avaient appris sa mort par le biais d'une vidéo diffusée ce mercredi, et intitulée "Message de sang pour le gouvernement français". Un élément déclencheur pour les internautes qui se sont ainsi indignés via le hashtag #NotInMyName, devenu depuis source de coup de gueule de certains français sur Twitter. En effet, nombreux internautes, musulmans ou non, sont consternés qu'il faille aujourd'hui que les pratiquants de l'islam aient à se dissocier publiquement des terroristes, comme si cela supposait, dans le cas contraire, qu'ils les soutiennent de facto.

Le revers de la médaille

Les internautes sont décidément plein de ressources. En effet, outrés qu'on puisse demander aux musulmans français de se justifier, le hashtag #Onapasdemandé tourne ainsi au ridicule la campagne #NotInMyName sur Twitter. Pour ces français, de confession musulmane ou non, utiliser le hashtag #NotInMyName revient à estimer que les musulmans seraient, par défaut, solidaires de ces actes terroristes. Face aux amalgames, et suite à un article publié sur le site de Rue89, ils ont décidé de faire preuve d'humour, lançant ainsi le hashtag #Onapasdemandé. Les twittos ont ainsi décidé d'user du raisonnement par l'absurde pour détruire la logique se cachant sous le mot-clé #NotInMyName. Dès lors, de nombreux messages absurdes, mais hilarant, ont fleuri sur la toile. L'humour pour faire changer les mentalités ? Ils sembleraient que cela plaise aux internautes. Selon vous, cette campagne est-elle une bonne idée ?