Gossip, l'appli "rumeurs" et "secrets" fait polémique

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Le personnel scolaire manifeste depuis quelques jours sa vive inquiétude au sujet de l'application Gossip, qui permet aux élèves de lancer tous un tas de rumeurs entre eux sur leurs smartphones. Accusé de favoriser le harcèlement à l'école, l'appli est dans le viseur de 2 syndicats lycéens.

Si le harcèlement dans les transports publics était récemment sur le devant de la scène avec entre autres ces affiches de la RATP détournées, le harcèlement en milieu scolaire demeure un fléau tout aussi prégnant. D'autant plus avec l'avènement des réseaux sociaux où nuire à la réputation de quelqu'un n'a jamais été aussi simple. Et quand des applications décident aujourd'hui de se lancer tout bonnement sur le créneau, il y a des raisons d'être pessimiste. À l'image de l'appli Gossip, qui a fait cette semaine grand bruit. Lancée au milieu du mois de mai par la française Cindy Mouly, celle-ci permet de lancer des rumeurs de moins 140 caractères (visibles 10 sec) à son répertoire téléphonique et à ses contacts Facebook, avec la possibilité de taguer directement les personnes concernées. Si besoin est, les gossip (potins en VF) peuvent même être accompagnés de photos et de vidéos. Un formidable outil pour dézinguer ses petits camarades en mode "Gossip Girl".

D'où la levée de boucliers de certains syndicats lycéens, qui tentent d'alarmer l'opinion publique sur la nocivité de cette application. "L’objectif de cette plateforme n’est pas de jouer mais bien de nuire aux autres", argue ainsi la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), suivie par le Syndicat général des lycéens, qui par la voix de son président Elliott Nouaille, juge Gossip "beaucoup plus violente" que les pages Facebook Spotted. "À quoi sert cette appli à part blesser les autres ?" s'interroge encore l'homme qui demande son interdiction pure et simple, sur la base de nombreux témoignages d'élèves traumatisés. De son côté, la créatrice de Gossip, sentant le vent du souffle sur sa nuque, a préféré retirer son appli du marché, bien qu'elle oscillait à 10.000 téléchargements par jour. Sur Europe 1, elle a ainsi affirmé que sa création avait initialement vocation à être "bon enfant et sympathique", et n'était en aucun cas destinée aux mineurs. Elle a promis encore des améliorations, dont une interdiction aux moins de 18 ans et une meilleure modération des propos. Wait and see. Souhaitez-vous que l'application Gossip soit interdite ?