L'auteur Richard Millet fait l'éloge d'Anders Breivik et déclenche la polémique

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La condamnation d'Anders Breivik, le terroriste norvégien, semble ne pas trouver légitimité aux yeux de tous. Ainsi, un auteur français fait le buzz en publiant une éloge du meurtrier.

Nous vous en parlions il y a quelques jours : Anders Breivik, terroriste responsable de la tuerie d'Oslo de l'été dernier, était condamné le 24 août à 21 ans de prison, une sanction qui a scandalisé les twittos. Le même jour, les éditions Pierre Guillaume de Roux publiaient le nouveau livre de Richard Millet, "Langue Fantôme", suivi d'un pamphlet intitulé "Eloge littéraire d'Anders Breivik" (oui, vous avez bien lu). Après avoir précisé qu'il condamne les actes du terroriste, le célèbre auteur s'emploie, sur une quinzaine de pages, à saluer la "perfection formelle" du crime, et trouve d'étranges justifications au geste du meurtrier. Millet, fervent défenseur de la langue française, est de ces auteurs qui se lamentent sur le constat d'une perte de vocabulaire et de qualité littéraire, ce qu'il met sur le dos du multiculturalisme. Pour lui, l'immigration est responsable de la perte d'identité nationale, continentale, et de l'anéantissement de toute culture à la racine. Faisant de Breivik une espèce de martyr littéraire, assassin pour la sauvegarde de la culture, il présente son crime comme un acte désespéré de préservation de l'identité culturelle norvégienne. Tout un programme.

une stratégie imparable

Ce texte, tout le monde s'en sera douté, scandalise les norvégiens. En France, c'est tout le microcosme littéraire qui se retrouve chamboulé: en effet, Millet est l'une des grandes figures de l'édition. Travaillant pour Gallimard, il a découvert de grands talents, et nombre de ses publications ont été récompensées. Cependant, la maison d'édition se retrouve dans un énorme embarras, et sa place au sein du comité de lecture est fortement remise en question. Par ailleurs, une question se pose : qu'est-ce qui a bien pu pousser cet homme de lettre, dont la réputation est assise, à publier un texte aussi tendancieux ? La réponse, cynique, est on ne peut plus simple : surfant sur le buzz créé par la condamnation de Breivik après une année de procès, l'auteur s'assure une retombée médiatique sans précédents dans sa carrière. Que pensez-vous de cette stratégie marketing ?