Le billet d'humeur Buzz : Nicki Minaj et Lil Wayne censurés sur YouTube, une nouvelle politique ?

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Depuis quelques temps les internautes ont pu découvrir que YouTube avait tendance à censurer les clips musicaux jugés un peu trop sulfureux. Une nouvelle tendance qui soulève une inquiétude palpable sur le web.

YouTube, la liberté en moins

La semaine dernière, les internautes ont pu découvrir avec stupéfaction que plusieurs clips musicaux avaient été censurés. C'était le cas de High School, le dernier clip musical de Nicki Minaj avec Lil Wayne qui a été censuré sur Youtube. Quelques jours plus tôt, Robin Thicke avec son clip Blurred Lines avait subit le même sort car jugé trop sexy. Une censure que les internautes n'ont guère apprécié, accusant sur les réseaux sociaux la célèbre plateforme de partage vidéo, une grogne qui a également soulevé un problème au niveau des critères de sélection devenant de plus en plus exigeants. Dans tous les cas, il est déjà trop tard pour se révolter contre une atteinte au web puisque depuis peu, les studios Universal ont confirmé avoir désormais les pleins pouvoirs de censure sur YouTube. Autrement dit, la liberté de contenu commence. Le groupe ne serait pas le seul, puisque la tendance touche également de nombreux autres domaines tels que les jeux vidéos et le cinéma. Certains d'entre vous ont sûrement pu s'en apercevoir avec les trailers de Battlefield 4 ou ceux des derniers films d'horreurs tels que le dernier Evil Dead.

Le web réagit

Si YouTube commence à être contrôlé dans la plupart des contenus diffusés, il faut surtout considérer la nature de ces derniers. En effet, comme on vous l'a expliqué plus haut, il s'agit notamment de vidéos à caractère marketing (musique, cinéma, jeux-vidéos). Seulement, pour de nombreux internautes, qui aimeraient découvrir de nouveaux artistes, la balade sur YouTube risque d'être de courte durée. Qu'à cela ne tienne, les techniques pour contourner la censure sont encore assez simples à mettre en place, seulement, pour combien de temps encore ? Comme on vous le disait également, la grogne s'est faite sentir sur les réseaux sociaux. Une réaction que l'on peut comprendre, néanmoins il existe encore des zones géographiques où YouTube est quasi inexistant. Petite pensée à ce titre à nos collègues internautes en Iran par exemple, ou au Pakistan où la plateforme de partage a carrément été bannie du web depuis maintenant six mois.

Quel avenir pour le net ?

Plusieurs analyses sont à retenir et doivent s’envisager plutôt comme des pistes de réflexion au risque de sombrer dans une forme de paranoïa qui encourage la stigmatisation des plus sceptiques en fous. Premièrement, il est important de prendre en considération la responsabilité des grands agents communicants qui est de protéger les plus jeunes, notamment du web et de ses risques. Pourtant, quand une plateforme comme YouTube filtre soigneusement les contenus à caractère pornographiques, on peut se demander si l’intérêt n'est pas autre étant donné que YouTube appartient au puissant moteur de recherche Google, lequel ne se prive pas pour laisser en libre accès des contenus interdits aux plus jeunes. Hypocrisie rime souvent avec profit. En second lieu, il est très probable que cette censure soudaine s'inscrive dans le processus à long terme d'un contrôle absolu du web. Au delà des intérêts financiers, il y' a bien entendu le contrôle de l'information qui, dans son absolu reste un pouvoir à double tranchant. En effet, l'information non contrôlé expose à de grands risques ceux qui la maîtrise, et, à l'inverse, un système oligarchique du flux informationnel est la première des caractéristiques de la dictature. Dans le cas qui nous intéresse, la censure sur YouTube pourrait aussi bien marquer une nouvelle manœuvre des gouvernements s'inscrivant dans la fameuse logique ACTA/SOPA. Une nouvelle formule, plus en douceur, qui à terme parviendra à imposer une certaine éthique dans l'utilisation du web. Faut-il alors se demander si la censure doit être une question de responsabilité individuelle ou collective sur internet, la rédaction de meltyBuzz vous laissera le soin d'en débattre. Après YouTube, jusqu'où ira la censure ?