Le Crif descendu sur Twitter ?

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Depuis quelques heures, les twittos français auront pu remarquer la montée en TT du hashtag #CRIF. Le fameux dîner du Crif auquel Hollande serait méprisé sur le réseau social, pourquoi ?

Qu'on se le dise, les questions relatives au communautarisme en France font souvent l'objet d'étranges paradoxes et parfois de débats sulfureux susceptibles de dégénérer en véritables rixes. Récemment encore, Twitter avait été attaqué par l'UEFJ, l'association se demandant quel rôle avait joué le réseau social dans l'affaire du hashtag #UnBonJuif. D'autres sujets alimentent encore et peut-être trop souvent un débat qui s'avère des plus délicats puisqu'il semble encourager la division plutôt que l'union du peuple. C'est le cas avec la présence de François Hollande hier au dîner du Crif. Le président avait déjà été présent au même événement l'année dernière, en compagnie de Nicolas Sarkozy. Les deux hommes avaient alors affiché une poignée de main franche, sourire aux lèvres. Une image qui n'a pas manquée de donner des hauts le coeur aux plus fervents admirateurs des deux partis, avec parfois le sentiment d'avoir été vendu sur l'autel de l'UMPS. Cette année, rebelotte, le nouveau président a visiblement ravivé les rancoeurs de plusieurs français qui n'ont pas manqué de partager leur émotion sur Twitter. Heureusement, en haut représentant des principes de la république, François Hollande a tout de même affirmé qu'il fustigeait « la détestation de la France ». Pourtant le principe de laïcité serait malmenée selon certains internautes ...

Le Crif descendu sur Twitter ?
Sur les réseaux sociaux, les esprits s'échauffent

Un constat qui a déjà pu être observé avec le fameux hashtag #UnBonJuif, dont l'auteur a été condamné à 6 mois de prison avec une amende de 22 000€. Si plusieurs internautes avaient évoqué la manque d'impartialité quant aux principes de liberté d'expression, en citant comme exemples d'autres hashtags à connotations racistes, le voile d'opacité tendrait pourtant à s'intensifier chaque fois que le débat est abordé. Fait étonnant en ce début de mars, La mort d' Hugo Chavez avait été fêtée par la Ligue de défense juive sur internet et sur plusieurs réseaux sociaux comme Twitter. On pouvait y voir quelques tweets assassin ainsi que des status Facebook n'incitant pas franchement à l'apaisement général ''Très bon cru 2013, après Hessel, voilà que Hugo Chavez vient d’arriver en enfer, une excellente semaine, la vermine s'abat petit à petit" . Les considérations politiques sont toujours délicates, surtout si leur teneur s'avère aussi extrême et sur les réseaux sociaux, une petite étincelle peut rapidement se transformer en un véritable brasier.

La responsabilité des médias dans tout ça ?

Pour certains, l'importance médiatique accordée à de tels sujets favorise l'affrontement communautaire au détriment de l'unité et de la construction identitaire nationale. Pour d'autres, il est du devoir de la république de s'unir à la mémoire de ceux qui ont souffert et continuent de faire malheureusement l'objet de discriminations, quitte à réveiller les vieux démons. C'est donc en abordant de tels sujets que les mauvais souvenirs comme Mohamed Merah refont surface et que les mécaniques encourageant la diabolisation de l'Islam se renforcent pour mieux distiller les opinions politiques des plus radicaux. Et puis, très vite, on bascule dans la caricature, dans la représentation manichéenne d'un conflit qui n'apporte rien mais qui donne du temps à ceux qui en ont peut-être besoin. Les affrontements houleux autour de ces sujets sont de plus en plus fréquents sur les plateaux télé.

En effet, il devient délicat de traiter par exemple du très controversé Dieudonné M'Bala M'Bala, comme on a pu le voir la semaine dernière lors du clash télévisé entre Patrick Cohen et Frédéric Taddei dans l'émission C à vous, sur France 5. On peut également citer le récent échange entre le journaliste Thierry Guillemot et la représentante de la LICRA Clothilde Chapuis, le violent clash du chroniqueur Aymeric Caron d'On n'est pas couché avec Laurent Obertone ou encore les dernières réalisations audiovisuelles de la militante féministe Caroline Fourest qui a consacré une série de reportages intitulés « Les Réseaux de l'extrême ». Enfin, mardi de cette semaine, on a pu découvrir le téléfilm sur Edouard Drumont : histoire d'un antisémite français réalisé par Emmanuel Bourdieu. Si le sujet semble tendre à la redondance, il est tout de même important d'entretenir le devoir de mémoire. La rédaction de meltyBuzz vous propose ainsi de méditer sur cette phrase de Frédéric Nietzche « Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire ». A qui profite la polémique ?