Revenge Porn : Une victime dépose un copyright sur ses seins pour se défendre

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Aux Etats-Unis, une jeune femme dont l'ex a publié des centaines de photos intimes de sa personne sur Internet, n'a eu d'autre choix que de déposer un copyright sur ses seins pour essayer de les faire interdire. Un moyen de défense inattendu dans la guerre complexe menée contre le revenge porn outre-Atlantique.

Avec l'avènement des réseaux sociaux et des relations virtuelles, le revenge porn est un fléau qui touche de plus en plus de femmes, mais aussi des hommes (10% des cas), à travers le monde. Cette pratique, qui consiste à se venger d'un(e) ex amant(e) en publiant des photos ou vidéos intimes sans son consentement, laisse bien souvent les victimes dans un total désemparement. Pas facile de supprimer des contenus, quels qu'ils soient, sur la toile, même si de notables avancées sont à observer ces derniers mois. À l'image de Twitter, qui a banni le revenge porn de son réseau, certains états américains (17 sur 51) se sont dotés d'un arsenal juridique pour interdire et enrayer le phénomène. C'était d'ailleurs l'objet d'un récent reportage de CNN Money, relayé par les Inrocks, qui nous apprend que certaines femmes ont parfois recours à des moyens de défense plutôt surprenants.

C'est le cas d'Hillary (un pseudo), qui n'a eu d'autre choix que déposer un copyright sur sa poitrine pour tenter de faire interdire des clichés assez intimes d'elle. "Mon ex me demandait sans cesse de lui envoyer des photos, au départ ça me mettait mal à l’aise. Mais je me suis dit : ‘Tu es amoureuses, alors après tout pourquoi pas ?’ Elles étaient très intimes. C’était beaucoup de photos où j’étais seins nus, et souvent au lit, en train de simuler des actes sexuels je pense". Pas de bol, après leur rupture, ce dernier a tout balancé sur le Net, où les sites spécialisés se retranchent derrière la liberté d'expression et le premier amendement de la constitution américaine pour ne pas supprimer les contenus offensants. Dans les états où le revenge porn n'est pas juridiquement interdit, les victimes décident bien souvent d'arguer du droit d'auteur pour se protéger, comme Hillary donc, pour qui "l'authentification" de ses seins n'a pas été une partie de plaisir : "Ils me forcent à me dévoiler encore une fois alors que c’est justement ce que j’essaye d’éviter” raconte-t-elle ainsi à propos de son passage au Bureau du droit d'auteur. Dans son malheur, la jeune femme a eu la chance de prendre elle-même les photos qu'elle souhaite aujourd'hui supprimer, le cas contraire l'ayant empêché de tout recours. Et dans l'hypothèse où sa requête n'aboutirait pas, Hillary peut toujours s'inspirer de la réponse originale de cette victime de revenge porn. Avez-vous déjà été victime de revenge porn ?